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Bataille pour le football entre les Français et les Britanniques

Mon samedi matin à Paris a plus ou moins suivi cet horaire, du moins avant que la pandémie n’éclate. Se réveiller trop tôt, mobiliser mes deux garçons et, guidés par Google Maps, traverser le périphérique, c’est s’immerger dans un tout autre monde. La séparation entre Paris et sa banlieue me fait toujours penser à celle qui distinguait, en Afrique du Sud sous l’apartheid, les quartiers blancs et riches de Johannesburg, où vivaient mes grands-parents, et la ville noire de Soweto.

Chaque samedi sa nouvelle banlieue, qui ressemble le plus souvent au chevauchement bâclé d’une ville soviétique et d’un village français fané. On prend Villejuif (Val-de-Marne) : après être passé devant des fast-foods et des immeubles sordides, on arrive au stade Karl-Marx, devant la crèche du même nom. Sur la pelouse artificielle nouvelle génération, financée par l’Etat, règne la hiérarchie qui règne traditionnellement en France : les parents, qui ne sont que la famille, se garent derrière un bar, à bonne distance, tandis que les agents de l’Etat – coachs dûment diplômés – président des activités.

Les garçons de toutes les couleurs jouent des matchs de football qui sont généralement impressionnants. Il faut garder le score en tête, car aucun résultat final n’est promulgué en raison de l’habile stratégie mise en place par la Fédération française de football pour pacifier les matchs entre jeunes. A l’heure du déjeuner nous sommes déjà chez nous, heureux de pouvoir nous réchauffer.

Ces matinées sportives m’aident à comprendre comment la France a réussi à remporter la Coupe du monde 2018, avec une équipe pleine de joueurs de la banlieue parisienne. En tant qu’anglais expatrié en France, je remarque petit à petit autre chose : si vous êtes les champions…

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