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deux visions du monde radicalement opposées

Nous sommes à l’été 2008. Ma femme est enceinte de nos jumeaux. Nous devons trouver un appartement plus grand, mais obtenir un prêt est compliqué. Les banques françaises veulent la preuve que vous pouvez rembourser le prêt quoi qu’il arrive. Nous leur montrons nos investissements, ils nous disent avec mépris que leur valeur pourrait chuter. Une banque m’envoie chez un cardiologue qui m’examine sous toutes les coutures. Comme il s’apprête à me quitter sans dire un mot, je me permets de lui demander s’il a trouvé quelque chose. « Rien, » marmonne-t-il. En réalité, ce n’est pas à mon service, mais à celui de la banque, qui a besoin de savoir si je vivrai assez longtemps pour rembourser un prêt en vingt-cinq ans.

A l’époque, je trouvais tout cela ridicule : ces précautions extrêmes ne sont qu’un autre exemple de l’appréhension qu’inspire la finance moderne en France. Mais, juste un mois après avoir obtenu notre prêt, la crise financière mondiale a éclaté et le marché boursier s’est effondré. Les prix de l’immobilier baissent en raison des faillites en cascade, mais pas en France, où les crédits immobiliers subprime sont rares.

Quand j’ai déménagé à Paris en 2002, j’ai apporté avec moi beaucoup de préjugés sur les Français. Plongé dans les blagues contre les Français britanniques, je suis persuadé qu’un jour ils se réveilleront, enfin prêts à devenir comme nous. C’est-à-dire qu’il a décidé d’allonger les journées de travail, de réduire les dépenses publiques, de soutenir les États-Unis lorsqu’ils entrent en guerre, etc. Bref, j’espère que la France acceptera enfin la mondialisation comme nous l’avons fait nous anglo-saxons : il nous suffisait de la baptiser « modernité ». Cependant, vivre en France m’a fait évoluer pour rejoindre la célèbre formule de la romancière anglo-irlandaise Laurence Sterne dans son Sentimental Journey through France and Italy, publié…

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